Lors du dernier conseil municipal, le maire de Gatineau s’est exprimé au nom de tous les élus : « Les membres du conseil municipal ont été indignés d’apprendre la décision du gouvernement ontarien d’abolir le Commissariat aux services en français et de mettre fin au projet de création de l’Université de l’Ontario français. Tout le conseil tenait à ce que la décision soit dénoncée. Partout dans le monde, toutes les minorités linguistiques qui s’épanouissent ont en commun de contrôler leurs propres institutions d’enseignement. 

Après des décennies de luttes, quand l’ancien gouvernement ontarien a finalement dit oui à la demande de la communauté franco-ontarienne de mettre en place une université de langue française, cela constituait une victoire extraordinaire pour l’Ontario français, et aussi pour le français lui-même, une des langues des Amériques. La décision du gouvernement ontarien constitue, pour le français, un recul important.

Le 11 janvier 1915, le premier ministre du Québec, Lomer Gouin, dénonçait, à l’Assemblée nationale, le règlement 17 qui interdisait l’usage du français dans les écoles de l’Ontario. Il concluait ainsi son discours : « Au nom des sublimes expressions qu’il a données à la pensée humaine, je demande, pour le verbe français, le droit de résonner aux lèvres des écoliers d’Ontario qui veulent l’apprendre et le parler ». Lomer Gouin parlait des écoles primaires, nous parlons aujourd’hui de l’accès à l’université : c’est le même combat. »

Le conseil municipal a adopté à l’unanimité la résolution suivante : « Qu’il soit résolu que le conseil municipal de Gatineau dénonce les décisions récentes du gouvernement ontarien d’abolir le Commissariat aux services en français et de mettre fin au projet de création de l’Université de l’Ontario français, et qu’il affirme son soutien aux Franco-Ontariens dans leur lutte pour préserver et développer les institutions qu’ils jugent nécessaires à leur épanouissement. »