La réconciliation avec les Premières Nations est un chantier important et complexe, dans lequel il est parfois difficile de voir comment nous pouvons contribuer comme individu, ou même à l’échelle de notre communauté. Mais le conseil municipal vient de poser deux gestes très puissants dont je suis très fier.

D’abord, la proposition du Comité de toponymie d’adopter un toponyme anishinabeg pour le nouveau district électoral a été adoptée à l’unanimité par le conseil. Le district se nommera Mitigomijokan, un toponyme que nous a proposé la communauté de Kitigan Zibi et qui signifie « le lieu du chêne ». Le nouveau district chevauche la limite des secteurs de Hull et d’Aylmer et sera voisin du district de Deschênes.

Il y a une symbolique forte à avoir deux districts voisins qui puisent leur toponyme dans la même racine, le même sens, mais qui l’expriment dans deux langues – dont l’une est malheureusement quasi absente de notre toponymie. Pourtant, Gatineau compte une population de plusieurs milliers de personnes issues des Premières Nations, une proportion inégalée parmi les grandes villes du Québec! Oui, la présence autochtone est bien réelle chez nous; le chef actuel de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck, a même grandi à Aylmer!

Il est nécessaire de travailler pour que notre paysage toponymique reflète la diversité de la population de Gatineau ainsi que toute son histoire. Je veux remercier le Comité de toponymie pour cette démarche.

Le conseil municipal a aussi adopté une résolution au sujet du Plan d’action sur le racisme et la discrimination de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL). L’APNQL a fait un travail formidable pour rassembler et organiser les recommandations des nombreux rapports sur les enjeux autochtones publiés au fil des dernières années, en indiquant notamment ce qui relève de la responsabilité des villes. C’est une contribution éminemment utile pour celles et ceux qui veulent passer à l’action; comme nous à Gatineau, ils ont tracé le chemin.

Évidemment, les pouvoirs de Gatineau en matière de relations avec les Premières Nations sont limités : ce n’est pas avec nous que se régleront les grands litiges qui nous séparent. Toutefois, nous pouvons faire notre part pour améliorer les liens qui nous unissent. Nous avons commencé à nous connaître, à travailler ensemble et à développer une certaine confiance mutuelle. Ce sont des étapes incontournables si nous aspirons à réapprendre à vivre ensemble dans le respect, et j’espère que nos gestes pourront inspirer d’autres individus ou organisations à emboîter le pas.