Réponse courte : parce que c’est la seule chose responsable à faire. L’expérience des dernières années à Gatineau – et partout ailleurs dans le monde – démontre que les campings ne sont pas une solution intéressante à l’itinérance, avant tout pour les personnes qui les fréquentent.

La conseillère Renée Amyot a d’ailleurs très bien résumé la situation lors du conseil municipal de mardi soir dernier : « Les démantèlements ne sont pas une stratégie de lutte à l’itinérance, ils sont une réponse à des enjeux de santé et de sécurité publique. Pour moi, ça relève de la pensée magique que de penser qu’un camping où il n’y a pas d’encadrement ni le soir ni la nuit pourrait être une solution gagnante pour les personnes qui y sont. »

Stupéfiants, alcool, risques d’incendie, intimidation, agressions… Tolérer les campings, ça reviendrait à tolérer de placer des personnes déjà fragilisées dans un environnement que l’on sait dangereux.

Un des éléments nouveaux cette année est le refuge qui a été ouvert tout juste à côté par la Ville et ses partenaires, en premier lieu le CISSSO. Il semble que la fréquentation a augmenté dans les derniers jours, mais d’autres lits sont disponibles et pourraient être déployés pour répondre à la demande, dans un environnement sain et sécuritaire.

À plus long terme, afin d’aider ces personnes efficacement, il faut pouvoir offrir des alternatives qui sont durables et structurantes, et c’est ce sur quoi nous travaillons. Depuis plusieurs mois, Mme Amyot et la Commission Gatineau, Ville en santé, avec l’appui des services municipaux, travaillent à l’élaboration d’un cadre de référence en itinérance, accompagné d’un plan d’action, qui sera présenté au mois d’octobre.

Et la lutte à l’itinérance est aussi étroitement liée à la profonde crise du logement que nous vivons depuis longtemps, et dont les impacts sont accentués avec la pandémie. À Gatineau, on estime qu’environ 1 000 ménages sont en attente d’une habitation à loyer modique, et 8 900 ménages doivent consacrer plus de 30 % de leurs revenus pour se loger. C’est pourquoi le conseil municipal a adopté une déclaration d’état d’urgence symbolique il y a quelques jours, afin de rappeler les graves répercussions que cette crise génère chez nous. Des sommes importantes devraient finir par arriver incessamment découlant d’une entente de principe très attendue entre Québec et Ottawa, mais nous devons maintenir la pression et nous assurer que ça se fasse rapidement, et dans le respect des besoins sur le terrain.

D’ici là, nous continuerons d’assumer nos responsabilités en assurant la sécurité des personnes, partout à Gatineau.