La semaine dernière, nous avons signé une nouvelle convention collective avec nos cols bleus. En conférence de presse, la première question des médias était à peu près la suivante : « En période de pandémie et de difficultés économiques, vous trouvez vraiment que c’est le bon moment pour signer une convention collective qui comprend notamment une augmentation annuelle de 2 %? » Voici, en gros, ce que j’ai répondu.

C’est le bon choix, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, en temps normal, la fonction publique est l’outil principal de la Ville pour accomplir sa mission : rendre des services à la population… ça a une valeur. Ensuite, les employés sont le visage, les bras, le cerveau de la Ville. Ils sont aussi ceux qui nous protègent en temps de crise – les dernières années l’ont illustré trop souvent. Aborder la question uniquement sous l’angle de la taille de la masse salariale, c’est trop simpliste (en fait, c’est uniquement idéologique). Le débat ici devrait plutôt être : quels services souhaitons-nous offrir? Après que ce choix est fait, il faut en assumer le coût.

Mais en période de crise, le rôle de la Ville, et de l’État en général, est encore plus stratégique! Une des responsabilités que nous avons, c’est de nous assurer que nos employés ont la capacité de maintenir leur qualité de vie, donc de ne pas accentuer nous-mêmes les effets de la crise en les fragilisant. Tout le monde a un avantage à ce que nos employés et leurs familles soient en santé, mais aussi qu’ils conservent leur pouvoir d’achat, leur capacité à consommer près de chez eux et qu’ils puissent ainsi, à leur tour, faire partie de la solution pour le maintien de l’économie locale.

La Ville offre des services qui sont essentiels dans le quotidien de beaucoup de gens, surtout en période de crise : accès aux parcs, loisirs, pistes cyclables, bibliothèques; ce sont autant de biens publics, accessibles gratuitement, qui font de grosses différences dans la vie des gens, surtout ceux et celles que la crise frappe plus durement.

Les discours sur la réduction de la masse salariale, la réduction des taxes ou encore les compressions « sans impact sur les citoyens » font souvent abstraction de la réalité. Le débat ne devrait pas être sur un pourcentage ou sur un autre, mais bien sur ce que nous voulons faire avec notre argent collectif. Je reste convaincu que, lorsqu’on regarde ce que nous gagnons à payer des impôts, ce que nous gagnons à avoir une fonction publique solide, ça reste un des meilleurs investissements qu’on peut faire dans une vie.