Depuis des décennies, le réflexe de l’entrepreneuriat n’a pas été beaucoup développé en Outaouais. La génération de mon père rêvait de travailler dans les grandes usines de pâtes et papiers, à la Maclaren, la CIP, chez Eddy, etc. On y offrait des emplois bien payés, souvent bons pour la vie. Le rêve s’est ensuite déplacé vers les emplois dans la fonction publique fédérale. La force d’attraction de ces grandes institutions ne favorisaient pas l’émergence d’une culture entrepreneuriale forte; peu de personnes rêvaient de se lancer en affaires.

Depuis quelques années, la situation a commencé à changer. Une nouvelle classe d’affaires extrêmement dynamique émerge rapidement. Et en matière d’entrepreneuriat collectif en particulier, la région se distingue par son dynamisme. La formule collective, la possibilité de se lancer en affaire à plusieurs, a incité les gens d’ici à faire le saut.

Maintenant, le conseil municipal veut aller plus loin, et la politique d’économie sociale que nous avons adoptée récemment nous permettra notamment d’atteindre deux objectifs extrêmement importants :

  1. Améliorer la compréhension et les outils pour stimuler l’émergence des entreprises d’économie sociale : ce sont des entreprises dont les profits sont réinvestis dans la mission et qui ont un ancrage local très fort. Ces entreprises sont une façon puissante de donner un pouvoir économique à la population et de renforcer notre tissu économique local;
  2. Adapter les structures municipales pour favoriser l’innovation : l’idée des « communs » est abordée dans la politique; c’est un modèle dont nous voulons nous inspirer, qu’on pourrait résumer par la gestion du bien commun par d’autres acteurs que l’État. À Gatineau, on pourrait penser aux exemples déjà existants de la gestion de l’accès à la rivière par le Centre nautique de la Lièvre, au parc écologique de la ferme Dalton, au partenariat avec la Fondation forêt Boucher, etc.

Mais pour l’instant, ces projets sont presque toujours gérés comme des exceptions. Nous voulons réussir à faire en sorte que la Ville, par ses pratiques et par sa culture organisationnelle, favorise ce genre d’initiatives et ce genre d’entreprises.

En nous inspirant des meilleures pratiques en économie sociale, nous pouvons faire de cette politique un outil pour innover, pour aider les gens à adapter leur ville à leurs besoins ainsi qu’à leurs aspirations.