Bonjour,

Au début de l’été, le conseil municipal a fait le choix de ne pas imposer de restrictions supplémentaires pour la consommation de cannabis dans l’espace public. Cette décision a été le fruit de plusieurs mois de travail et de consultations menées par la Commission Gatineau, Ville en santé et sa présidente, la conseillère du district de Limbour, Renée Amyot. Plusieurs services municipaux et partenaires de la communauté ont été impliqués dans cette réflexion, notamment la direction de la santé publique de l’Outaouais, le Service de police de la Ville de Gatineau et des organismes œuvrant en prévention de la toxicomanie. Voici les raisons sur lesquelles la décision est fondée.

Depuis plusieurs décennies, la stratégie de lutte au cannabis est essentiellement basée sur la répression : on interdit et on fait intervenir les forces de l’ordre pour tenter d’enrayer et empêcher la consommation. Partout dans le monde, on se rend compte que cette stratégie est un échec et ne donne pas ou peu de résultat : une portion importante de la population consomme du cannabis malgré la loi et les investissements colossaux que cela demande.

L’objectif de la légalisation n’est pas de banaliser la consommation de cannabis, mais plutôt de changer de stratégie : on veut pouvoir mieux encadrer, contrôler la qualité des substances et sortir le crime organisé du portrait, tout en sensibilisant les gens face aux dangers potentiels.

Au Québec, le gouvernement a laissé la possibilité aux villes de restreindre davantage les lieux de consommation dans l’espace public. Pourtant, les recommandations de l’ensemble des organisations de santé publique sont claires : si on part du fait que la consommation est un phénomène déjà bien implanté, il est beaucoup moins dommageable de laisser les gens consommer à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur dans des espaces clos où d’autres personnes peuvent aussi être exposées. Il est démontré que les impacts négatifs de la fumée secondaire en plein air ne sont pas significatifs.

De plus, les études menées dans les états américains qui ont déjà légalisé le cannabis au cours des dernières années montrent que le mode de consommation changera rapidement vers des façons de consommer beaucoup plus discrètes (vaporisateurs, huiles, gélules, etc.). C’est donc dire que les nuisances, comme les odeurs, diminueront, mais cela veut aussi dire que même si nous faisions le choix d’interdire la consommation dans les lieux publics, nous deviendrions rapidement incapables d’appliquer nos règlements, et nos policiers y perdraient temps et énergie.

La légalisation du cannabis interpelle souvent les gens de façon personnelle, en fonction des expériences que nous avons vécues. Il peut être difficile d’envisager que la légalisation vient en fait nous aider à mieux contrôler et encadrer la consommation, de là toute l’importance de baser nos décisions sur la science et l’expérience vécues ailleurs. Je vous assure que la démarche que nous avons suivie est très rigoureuse et nous nous sommes donnés des indicateurs que nous suivrons de près pour s’assurer que nous avons fait le bon choix en matière de santé publique et de sécurité dans nos communautés.

Je vous invite à consulter les détails et à ne pas hésiter à communiquer avec nous si vous avez des questions ou des commentaires.

Au plaisir,

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau